Edgar et moi sommes entrés dans la 39ème semaine, d’après les manuels, le terme est donc dans 3 semaines, ce qui est long et court à la fois. Quand on aperçoit la ligne d’arrivée, 2 options se présentent : soit accélérer pour en finir au plus vite, soit décélérer pour profiter de l’instant dès lors que l’on a la certitude d’arriver au bout.

Les derniers rendez-vous programmés de la grossesse ont eu lieu cette semaine :

  • la visite chez l’acupuncteur pour préparer mon corps de compétition à l’accouchement (dingue) ;
  • la visite du 9ème mois à la maternité pour constater que mon col s’est légèrement raccourci et ouvert et que la naissance peut arriver aussi bien dans les jours qui viennent qu’à terme.

Je suis aussi allée voir mon médecin généraliste pour me faire vacciner contre la grippe. Seule dans mon corps, je ne l’aurais pas fait, mais avec un bébé d’hiver, il est plus sage de me protéger moi et de le protéger lui. La consultation a duré longtemps, la Doc a pris le temps de répondre à mes questions sur les vaccins en général et c’est en toute confiance que j’ai pris ma décision.

Normalement, je ne remettrai les pieds à la maternité que pour la naissance ou le jour du terme si Edgar ne s’est pas manifesté avant.

Ce petit coquin sait parfaitement que nos affaires sont prêtes, qu’il peut arriver quand il veut même si ses bodies ne sont pas repassés et ne le seront jamais.

J’en arrive au stade « cétacé » et « c’est assez » : j’ai clairement beaucoup plus de difficultés à me mouvoir et après avoir craint durant des mois qu’Edgar se fasse la malle, j’aimerais désormais qu’il envisage de sortir bientôt.

Nonobstant ce ras-le-bol physique, je suis partagée entre l’impatience de rencontrer ce petit warrior et le souhait de laisser la nature suivre son cours (hahaha la bonne blague de PMette).

En vrai, j’essaie de vivre en pleine conscience ces derniers jours de ma « vie sans enfant ». Il est certain que je n’en profite pas pour aller en boîte tous les soirs jusqu’à 2 heures du matin, mais j’y réfléchis au calme sur mon canapé (un des rares endroits où un cétacé peut s’échouer à peu près confortablement). Ma vie va changer, je vais changer, je ne serai plus jamais la même. Le bouleversement sera certainement moins radical que chez les fertiles dans la mesure où ces années de combat m’ont donné l’occasion de mesurer la gravité de la vie et d’intellectualiser beaucoup trop de choses qui sont naturelles chez les autres. Bref, je ne serai pas du genre à me plaindre sur feues mes grasses matinées tant les affres de l’infertilité m’auront gâché de nuits.

La chambre d’Edgar est prête, le petit fauteuil confortable sur lequel nous passerons des heures à l’allaiter/le biberonner est installé à côté de son petit lit. Après des semaines où j’osais à peine entrouvrir la porte de peur d’avoir rêvé et de retrouver la chambre en bazar, je m’y installe désormais durant de longues heures pour lire et méditer sur ma chance.

La nacelle et la poussette trônent dans le salon, autres preuves que l’on approche de la fin qui sera surtout un formidable début.

Même si avec le recul, je peux dire que j’ai eu une grossesse « facile » sans embûche, je n’ai pas particulièrement savouré ces derniers mois. En réalité, ce n’est que depuis l’écho du 3ème trimestre que je me détends et que je crois vraiment à l’issue positive de cette FIV. C’est dommage, mais je pense que même avec toute la bonne volonté du monde,  il est difficile pour une PMette de vivre une grossesse 100 % sereine. Les deux premiers trimestres auront finalement été comme une sorte de prolongement de la PMA, avec plein d’étapes qu’il s’agissait de franchir avec succès pour avoir le droit de continuer. En réalité, une grossesse de PMette ne dure que le temps du 3ème trimestre. L’arnaque.

« En attendant », je mesure chaque jour depuis le 1er test de grossesse la chance immense qui m’a été donnée. J’aurais tout à fait pu rester sur le quai, j’en ai parfaitement conscience, j’avais d’ailleurs doucement commencer à me préparer à cette issue. Aujourd’hui, je ne suis que gratitude vis à vis de la PMA, des équipes de soignants formidables que j’ai fini par rencontrer et de Simon qui aura traversé cette galère avec moi sans broncher.

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40 commentaires sur « Simone aperçoit la ligne d’arrivée »

  1. Ça me met les larmes aux yeux tout ça… tu vas voir Simone, s’occuper de son bébé c’est tellement merveilleux… et le voir grandir chaque jour c’est exceptionnel. Même si il y a des moments où on aimerait que ça passe plus vite, et d’autres ou on aimerait arrêter le temps ! La vie de parents n’est que contradiction !! Profites, je te souhaite un bel accouchement et une belle rencontre avec ton petit. Au fait tu connais le sexe ? Je ne me souviens plus si tu voulais garder la surprise…

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  2. Je me permets juste de rebondir sur la partie post partum (je suis en train d’écrire sur le sujet d’ailleurs) car, comme toi, je pensais qu’après une grossesse épanouissante la suite serait tout aussi merveilleuse. Or, c’est loin d’être le cas. Ce foutu baby blues arrive même aux galériennes qui ne pensaient jamais au grand jamais se plaindre un jour d’avoir un enfant.
    C’est terriblement culpabilisant d’avoir ce genre de pensées mais j’ai vraiment du mal à accepter cette nouvelle vie. Je te souhaite bien sûr que tout se passe bien mais je préfère t’en parler, que tu ne sois pas trop déstabilisée si toi aussi tes hormones te jouent des tours après l’arrivée d’Edgar.
    Bises à vous et un bel accouchement à toi !

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    1. ah je ne pense pas que la suite sera forcément merveilleuse, je dis juste que les galériennes de l’infertilité ont certainement moins tendance à sortir des RALC. Après, il est évident que la chute d’hormones et le baby blues atteint toute le monde, fertiles et infertiles !
      bon courage à toi ! grosses bises

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  3. Je suis tellement contente pour toi, j’ai hâte de savoir le sexe de ce warrior (si bien sûr tu comptes nous le donner). Je comprends tout à fait ce que tu veux dire quand tu dis que tu ne regretteras pas tes grasses mat suite à la pma. Je pensais la même chose, et j’avoue que même pour la grossesse je pensais ne pas avoir le droit de me plaindre après ces années d’attente. Mais en fait, on fait comme on peut et parfois oui la grossesse c’est chiant, être parent c’est dur et on a le droit le dire. Ça ne veut pas dire qu’on regrette notre vie d’avant ou qu’on a oublié le parcours pour en arriver là mais s’autoriser à ressentir les choses comme elles viennent c’est bien aussi. Surtout qu’avec la descente d’hormones on a le droit de ne pas sourire tous les jours et de trouver que c’est difficile. Mais c’est vrai que la majorité du temps c’est génial d’être parent et qu’il faut savourer son bonheur, et quand c’est dur se répéter, ce n’est qu’une étape, ça ne dure pas.
    Bonne fin de grossesse, je vous souhaite une belle rencontre avec ce bébé d’amour.

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  4. Je suis tout a fait d.accord au propos de T3.
    J’ai eu la même sensation. Je profite de ma grossesse , j’y crois, je me sens sereine et calme, plus naturellement a partir de T3.
    Pas avant. Vraiment avant c.était comme la continuation de parcour de PMA.
    Congrat avec ta 39 ème semaine !!

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  5. Moi aussi maman après bien des misères (28 mois ponctués par 3 FC et 18 mois de vide derrière) et avoir frappé en PMA, je me pensais prête au ras-de-marée de la maternité. Mais en réalité, aussi longtemps que l’on ait pu se projeter maman, on n’imagine pas. On n’imagine ni le bonheur, l’amour, ni les difficultés. On redevient une maman comme les autres, cependant on se démarque par une conscience aussi claire que formidable de notre chance immense. Je te souhaite une belle rencontre avec ce petit bébé miracle, savoure comme il se doit ta maternité, tout passe très trèèèès vite après!

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  6. J’ai eu un suivi psy tout au long de ma grossesse. Je l’avais déjà avant, depuis ma fausse couche. Et il a été assez salvateur. Enfin, ça ne m’a pas empêché de faire deux tours aux urgences suite à des coups de panique. Mais heureusement que j’avais ça et comme j’étais un cas particulier, j’ai eu des écho tous les mois et sur la fin un monito toutes les semaines. Ça me rassurait au moment T, mais ensuite je resterais les fosses. La trouillante, je l’ai eu tout au long de ma grossesse.
    Bienheureuses les innocentes.
    Ta sérénité, enfin, ce que j’en percevait au travers de tes billets me bluffait. J’ai serré les fosses pour toi, et ça sera comme ça jusqu’au bout.
    Mais finalement quand je lis ton billet, je me dis que je ne suis pas tant anormale que ça. Quelque part ça me réchauffe le coeur de me dire que non, je ne suis pas psychologiquement instable ou fragile, mais qu’en fait tout ça vient de cet acronyme : PMA.
    Tout comme tu te posais la question de savoir si tu pouvais froisser en continuant ce bloc, je me pose la question à chaque fois de ma légitimité d’y écrire. Parce que, comme toi, j’étais sur le quai, loin, même, en Espagne, et que comme toi, je n’y suis plus, avec quelques gares de plus. Des fois je me sens comme un imposteur. Mais finalement PMette nous sommes, PMette non resteront.

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    1. Je ne vois pas les désormais « mamans » comme des imposteurs alors même que je suis toujours sur le quai. Je vous vois comme une jolie lueur d’espoir et je sais combien vous mesurez ce que signifie la chance d’accéder à la maternité.

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  7. Je voyais des commentaires sur le baby blues et je voulais juste écrire un petit message pour rassurer. Le baby blues n’est pas automatique. C’est une chute d’hormone brutale, une fatigue, une impression d’être débordée, pleins de petits trucs qui provoquent cet état. Néanmoins (j’ai subi de gros traumatismes pas les mêmes, mais aucune histoire ne se ressemblent bien sûr) et ce que je peux dire c’est que ma troisième grossesse a été hautement stressante et pourtant à la naissance de ma fille, et bien ça a été comme une « re- naissance » pour moi. Je n’ai pas eu de baby blues… Au contraire, je me sentais la plus soulagée et la plus sereine du monde. Quand on a vécu des galères avant, on relativise beaucoup plus…

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  8. C’est chouette de lire tout ça… ET je pense que c’est tout à fait normal de ne pas réussir à vivre une grossesse à 100% quand on a votre parcours… Essaie de profiter à fond de votre rencontre par contre, et de ces premiers instants qui seront surement déboussolants !

    Virginie

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  9. Repose-toi bien avant le grand chamboulement ! J’ai aussi mis du temps à profiter de ma grossesse, et je n’ai vraiment réalisé qu’au dernier trimestre. Autant les deux premiers sont passés assez lentement, autant les dernières semaines ont filé trop vite, surtout que j’ai accouché à 38 semaines tout rond et arrêté de bosser seulement 10 jours avant de mettre bas.

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  10. Très très émue et heureuse pour toi, moi qui te lis en sous-marin depuis quelques années! J’aime ta plume, ton humour et tes idées de gauche, et surtout, je te souhaite une nouvelle vie merveilleuse avec Edgar (je parie même qu’Edgar sera une Ségolène 😉

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