Les mois d’octobre se suivent et ne se ressemblent pas :

  • octobre 2008 : j’arrête la pilule, nous aurons un bébé en 2009 !
  • octobre 2017 : j’ai un petit Edgar qui gigote dans mon ventre et qui devrait naître d’ici un mois…

Entre ces deux dates : des années d’attente, d’espoirs, de déceptions, de ras-le-bol, de pauses, de combats…

Mais aussi des années de construction de la femme que je suis devenue : des projets aboutis, des rêves formulés, des bonheurs, des déceptions, la vie, tout simplement !

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Franchement, si on avait dit à la Simone de 2008 qu’il faudrait se battre (et non pas attendre passivement) durant 9 ans, je pense que je n’aurais pas mené le combat. Cette annonce aurait été comme une grosse claque dans la figure qui aurait mis du temps à cicatriser, mais jamais je ne me serais lancée dans cette galère pour autant d’années. Je ne me serais pas sentie capable d’affronter les épreuves sans casse profonde. Me serais-je sous-estimée ? Ou me suis-je plutôt renforcée au fil des années ?

Heureusement que la suite n’était pas prévisible !

Évidement, il est facile de penser aujourd’hui que je ne regrette pas ces années qui m’ont transformée positivement. Je suis devenue plus attentive aux autres, je me suis beaucoup documentée sur tout ce qui touche à la santé, à la prévention, j’ai expérimenté la relève après l’échec. L’épreuve a aussi renforcé notre couple, moins solide, il aurait pu voler en éclats.

 

et j’ai rencontré Coin-coin

Quand on démarre un parcours PMA, on ne signe pas pour « x années de galère » et d’ailleurs, on est peu informé sur toutes les techniques et les sacrifices qu’elles supposent. On se dit qu’avec 2 ou 3 cachetons, l’affaire sera dans le sac et petit à petit on glisse vers un suivi de plus en plus médicalisé, de plus en plus intrusif. Ce glissement étant progressif, il n’y a pas un moment M où on peut se poser la question de ce que l’on est prêt à accepter ou non puisque chaque étape en entraîne une autre et que l’on ne va pas craquer pour ce xième examen douloureux alors que l’on en a déjà accepté plein d’autres et que celui-ci pourrait peut-être enfin nous donner la clé de compréhension de tout ce bazar…

Ai-je des regrets sur la façon dont j’ai vécu ces années ? Que pourrait bien dire la Simone de 2017 à la Simone de 2008 ?

Si je pouvais revenir en arrière, voici les conseils que je me donnerais :

  • ne passe pas des nuits à pleurer, vas poser ton sac chez un psy ;
  • parle d’emblée, beaucoup plus tôt, beaucoup plus précisément à ton conjoint de ce que tu ressens, de ton chagrin ;
  • ouvre ton blog plus tôt ;
  • explique clairement aux soignants que tu ne te résouts pas à l’infertilité inexpliquée, qu’il reste des examens à pratiquer plutôt que de se lancer dans des tentatives vaines ;
  • n’accepte pas de te faire mépriser par les soignants, va solliciter d’autres avis avant d’avoir accumulé trop d’échecs ;
  • prends plus de temps pour te chouchouter toi, ne fonce pas tête baissée dans le boulot;
  • profite des touts petits bonheurs de la vie ici et maintenant sans toujours te projeter sur ce qui te manque.

Nonobstant, je n’ai aucun regret sur les années passées, j’ai certainement commis des erreurs, compris des choses trop tard, finalement, je me suis débrouillée comme je pouvais, sans trop m’abîmer, c’est cela qui compte.

******

Quelques nouvelles de ma grossesse :

  • Edgar s’est retourné, il est tête en bas, direction la sortie !
  • pour autant au dernier examen, le col était long et bien fermé, d’après la gynécologue de la maternité, la naissance n’est pas pour tout de suite…
  • … et c’est tant mieux car il nous reste quelques préparatifs à terminer et quelques courses à faire pour compléter la valise de maternité.
  • Je suis moins fatiguée depuis que je suis en congé maternité car je me repose en journée. Reculer l’échéance aurait décidément été une vraie bêtise.
  • Résultat : je profite des touts petits bonheurs de la vie ici et maintenant avant de rencontrer le grand bonheur dans quelques semaines.

 

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28 commentaires sur « 9 ans après, si j’avais su ce qui m’attendait… »

  1. « Ce glissement étant progressif, il n’y a pas un moment M où on peut se poser la question de ce que l’on est prêt à accepter ou non  » : c’est ce que m’avait dit une amie, qui a quitté le parcours PMA (pour un second qui n’arrivait pas). Elle regrettait de ne pas avoir eu le temps de se poser certaines questions, qu’on ne lui ait pas posé justement cette question de ce qu’elle/ils étai(en)t prêt à accepter ou pas pour tenter d’avoir cet enfant. Parce qu’en fait, elle n’était pas prête à tout, et finalement le parcours l’avait déjà menée trop loin, au delà de ses limites.

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  2. Après 1 an d’essais infructueux, j’avais annoncé que je mettrais pas les pieds en PMA, car je préférais choisir de ne pas avoir d’enfants plutôt que de subir cet état de fait suite à des échecs… Et puis comme tu le décris, un rdv après l’autre, un examen après l’autre, et je me suis retrouvée à faire 2 FIV…
    Bientôt le grand bonheur, j’ai hâte pour vous!!!

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  3. 9 années bordal…
    Si seulement « il suffisait d’une fiv »…
    Mais quand même, 9 années… j’admire ta force devant l’errance médicale et ce faux diagnostic d’infertilité inexpliquée, faute de connaissances et d’investigations…
    Ce qui m’a marqué le plus au fil de ton blog, c’est justement cette hallucinante prise en charge, en particulier tes efforts et ton combat pour sortir de la geu, tant médicalement qu’administrativement par la suite ! Être obligée de batailler pour être juste considérée et obtenir le droit d’avoir des réponses correctes et fondées, c’est à se rendre malade.
    Tu as toute mon admiration (toi et toutes ces femmes et tous ces hommes qui bataillent).
    Vivement l’arrivée de votre mini-vous, mais profitez bien des dernières semaines quand même ❤ ❤ ❤

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    1. franchement, quand on est dedans, on n’a pas l’impression d’être dans un combat difficile parce que de toute façon, on n’a pas beaucoup de choix : avancer ou renoncer à notre rêve. Tant que l’on croit avoir la force d’avancer, on y va sans trop se poser de question… et parfois je me dis que c’est pas plus mal de ne pas pouvoir « se regarder pédaler »..

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  4. Quel parcours pour en arriver à Edgar ….bravo à ses parents pour avoir continuer à tenir le cap ensemble et bravo à lui de s’ être retourné….pour la valise de la maternité si je peux te faire part de ce que j’ai trouvé sympa d’avoir sous la main c’est des slips noirs coton xl discount pour les jeter sans regrets pour éviter les slips filets parce que m….on a sa dignité! Une veilleuse à brancher sur une prise parce que allaiter ou biberonner en pleine nuit sous les néons blafards bof bof, une serviette de table parce que il y a une loi qui dit que dès qu’on tu dois te nourrir tu as ton petit dans les bras et ca le protège ainsi que ton lit, un joli paréo ou autre pour éviter le fond trop blanc pour les photos de bébé parce que celles du photographe sont pas terribles, de la lecture détente parce que à la maternité les bébés sont géniaux ils te font croire qu ils dorment tout le temps! Et puis quelques douceurs notamment pour la nuit ça peut être agréable pour tenir le coup, tes propres protections périodiques , de la monnaie pour le distributeur pour Simon et pour bébé surtout beaucoup de bodys et de pyjamas c’est ce qu’on utilise le plus. Enfin beaucoup d amour de sérénité et de confiance en soi c’est ton enfant et celui de Simon et vos décisions seront forcément les bonnes pour lui….je te souhaite de buller encore tranquillement jusqu’au grand jour je m’en vais trinquer pour vous trois

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  5. On discutait justement de ça avec une amie le we dernier, l’engrenage de la PMA, l’espoir qui fait que tu avance de tentatives en tentatives alors même que tu t’étais promis « de ne pas t’acharner » (je me souviens parfaitement du jour où j’ai prononcé cette phrase). Au final tu te retrouves avec 5 ans de PMA, des dizaines de traitements… sans forcément avoir une « happy end ».
    Quant à savoir ce qu’on dirait au « nous » d’il y a neuf ans, je me pose souvent la question et la seule réponse qui me vient c’est de ne surtout rien dire, ou au pire de dire simplement que quelques épreuves nous attendent mais qu’on les surmontera…

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  6. Quel beau parcours, 9 années où vous avez su rester unis !
    Rien à voir avec ton article, mais à chaque fois je me dis que je vais te laisser un commentaire pour t’informer du fait que j’ai rajouté « nonobstant » à ma petite check-list de mots stupides (ou moins stupides) à placer dans mes écrits (je suis étudiante infirmière).
    Je te souhaite une belle fin de grossesse et une belle rencontre !

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  7. C est si juste ce que tu dis sur l enchaînement de la PMA. Au risque de passer pour une pauvrette d esprit, une des raisons pour lesquelles j aime tant te lire, c est que tu exprimes si bien ce que je ressens de façon plus ou moins consciente. Mes filles vont avoir un an ds qq semaines et je me dis que tout ce temps terrible à désirer un enfant m a fait mûrir pour elles aujourd’hui. Je ne positiverai jamais cette période pour autant!! Ah merci Simone. Mon bonjour chaleureux à Coin-coin et surtout Edgar. Bises

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  8. Si on savait vraiment ce que nous réservais la vie dans bien des domaines on n’irait pas … Mais la pma c’est bien la plus grande épreuve que j’ai eu à subir et pourtant mon calvaire n’a pas durer autant Que le tiens loin de la . Je trouve tes conseils d’une grande sagesse !

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  9. Que ton article me parle!! On en est pas à 9 ans, mais déja 4! sur nos 10 ans ensemble ca fait déjà 4 ans qu’on est dans ce combat! C’est chaud! c’est dur, et comme tu le dis il faut se battre chaque jour…
    Tes conseils sont très justes, et me parlent particulièrement… notamment pour le travail… ca fait 4 ans que je bosse comme une dingue, avec deux activités qui me passionnent…
    Bizarrement l’an prochain j’ai décidé de lever un peu le pieds… car j’ai encore de l’espoir…
    Je suis contente de voir que la pma a fini par t’offrir ce dont tu révais! et j’ai hate de voir la bouille de ton petit bout!

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  10. Cet article m’a beaucoup fait réfléchir, puisque nous commençons tout juste le parcours. Je ne sais pas encore ce qu’il sera et ce qui nous attend, mais j’essaierai de ne pas oublier vos précieux conseils pour ne pas me perdre en chemin !
    D’ailleurs, j’ai commencé à mettre vos conseils en application puisque j’ai moi-même commencé un blog : dansmasalledattente.wordpress.com
    Je vous souhaite une belle fin de grossesse et une vie à 3 merveilleuse !

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