Je pourrais passer facilement pour une affreuse rationnelle dépourvue de toute sensibilité artistique.

Je regrette que l’on ne m’ait pas transmis le goût de l’art. Je regrette tant. De ne rien savoir faire de mes dix doigts. De ne pas connaître grand chose à l’histoire de l’art. De ne pas savoir décrypter un tableau. De ne pas me sentir à ma place à l’opéra. De devoir faire un effort pour aller au théâtre. De ne rien comprendre à l’art moderne. De ne pas savoir jouer d’un instrument de musique.

Pour m’évader j’en suis réduite à faire des coloriages ou du repassage.

(Vous ai-je déjà entretenu de mon amour des piles de linge bien repassé ?)

Nonobstant ma méconnaissance crasse,  la chose artistique m’apaise énormément.

Voyez, en ce moment, c’est pas la grande forme physique pour Momone. Je vis assez mal cette ménopause artificielle. Je subis notamment des bouffées de chaleurs très intenses qui confinent parfois au malaise. A se vautrer sur le carrelage froid toutes fenêtres ouvertes. Si les effets secondaires sont plutôt violents, je doute que les effets primaires soient réels. Mes douleurs très précisément localisées me laissent à penser que j’ai des kystes ovariens, peu compatibles avec  une ménopause.

Réponse dans une dizaine de jours lors du prochain rendez-vous avec le Docteur Espoir. Je m’y rendrai l’échine courbée sans rien attendre ou plutôt en m’attendant à tout.

Donc, quand on a mal et que son corps fonctionne comme une chaudière à condensation, ce n’est pas hyper évident d’être serein. Les idées noires s’installent et on voit pas trop l’intérêt de se lever le matin.

Comment lutter pour ne pas se laisser entraîner sur cette planche glissante ?

Une bonne histoire.

Une belle musique.

Une jolie image.

L’art j’y connais rien mais ça me fait du bien.

A une dizaine de minutes de chez moi, il y a un musée d’art contemporain. J’y vais de temps en temps. Nonobstant les visites guidées, je n’y comprends rien. Pourtant je m’y sens bien. Je peux rester assise un bon bout de temps devant une même œuvre. Aucun objectif, aucune recherche, juste être là.

Visiter une exposition, lire un livre, écouter de musique, aller au théâtre ou au cinéma est une activité qui m’apaise énormément car me sort de ma souffrance particulière pour me projeter sur autre réalité qui n’est pas la mienne. J’arrive même parfois à accéder à une forme de sérénité qui m’aiderait à supporter une vie sans enfant.

Dans le cadre de la semaine de sensibilisation à l’infertilité organisée par BAMP, Artemise a monté en 2015 une Web-Expo baptisée fort justement « TRACES ». Cette exposition peut être visitée en cliquant ici.

Les œuvres présentées font échos à nos maux  et font naître des émotions sur des mots que nous n’arrivons pas toujours à formuler. Loin de remuer le couteau dans la plaie, elles sont très apaisantes car nous relient les un aux autres.

Merci les artistes.

Allez, dans 10 jours, j’emmène Coin-coin au musée !

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17 commentaires sur « L’art d’être infertile »

  1. Si l’art t’apaise c’est que tu as une vraie sensibilité artistique, et que tu as compris le plus important…il ne suffit pas de comprendre l’oeuvre, il faut la ressentir.
    Courage pour la suite des traitements…

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  2. Des bises de soutien dans cette ménopause artificielle qui laisse ton corps et ton esprit sans dessus dessous.
    Malraux disait « la culture ne s’hérite pas elle s’acquière » justement parce qu’il considérait qu’il n’y a pas besoin d’être calé en histoire de l’art / musique / littérature pour ressentir une émotion devant une oeuvre. On se sent perdu dans un musée parce qu’on n’a pas un master en histoire de l’art. Mais est-ce que replacer une oeuvre dans son contexte social, historique et technique nous aiderait à mieux l’apprécier et la ressentir ? On comprendrait son importance pour le monde des arts, mais pas plus l’émotion qu’elle nous procure…

    Aimé par 1 personne

  3. Quand je joue du violon je crois que ça n’apaise que moi… Mais bon c’est déjà ça !!
    Nous aussi on aime s’évader au ciné, théâtre, musée… Ça ouvre l’esprit et nous permet de prendre de la distance. Des bisous de soutien Simone, on va peut-être se croiser chez Hope! XoXo

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  4. Pendant la PMA, c’était le cinéma qui sauvait mon esprit de l’ébullition. Je choisissais l’heure, le film et pendant 2 heures, j’oubliais tout. Ou presque. Se plonger dans un livre aide aussi. C’est superficiel et passager bien sûr mais ça aide un peu…

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  5. Simone tu es touchée et apaisée par l’art, c’est déjà une très belle chose.
    Je suis beaucoup trop sensible à l’art, rien que d’entendre des chants a cappella et les larmes coulent. La fille qui a l’air au bout de sa vie en concert c’est moi. Pas pratique.
    Et le ménage et le rangement ce sont des arts… que je ne maitrise pas du tout !

    Bon courage pour cette éprouvante mémé pause artificielle.

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  6. Courage pour cette ménopause qui a vraiment l’air d’être une sacré épreuve.
    Tu sais mes parents m’ont traînée de musées en églises et autres visites culturelles quand j’étais petite (je n’en pouvais plus – d’ailleurs il parait qu’à 2 ans je jouais aux « touristes » avec mon frère dans la voiture, et je lui demandais « alors aujourd’hui, vous voulez visiter un musée ou une église? »), pourtant aujourd’hui je n’y mets que rarement les pieds, largement moins que toi en tout cas. Et puis j’ai fait du piano, mais aujourd’hui je ne m’assoie devant le mien qu’au mieux quelques fois par an… donc la transmission a ses limites et ne fait pas tout loin de là! D’ailleurs à chaque fois que je t’entends parler de tes visites de musée, je me sens nulle de ne jamais y mettre les pieds – tu vois, au final c’est toi qui me complexe par rapport à l’art malgré ce que tu en dis dans ce billet. Et par ailleurs, tu m’as bluffée plus d’une fois avec tes analyses d’oeuvres (tableaux ou oeuvres littéraires) dans tes billets, je serais bien incapables d’en faire de même…

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  7. Je suis fan d’art contemporain (quelle chance ce musée près de chez toi!), de théâtre et de danse. Je ne comprends pas tout, loin de là, et j’apprécie comme toi les visites guidées et les notes de mises en scène pour essayer de comprendre davantage… Mais ce que j’aime plus que tout, c’est être touchée par ce que je vois, en sourire, en rire ou même en pleurer. Pour moi l’art c’est aussi ça : des clés pour comprendre mieux le monde et pour l’aider à tourner dans le bon sens (ça c’est plus dur). Pour moi, c’est le rôle fondamental des artistes, l’art est Politique, au sens noble du terme. En attendant, tu dois te fader cette satanée ménopause, alors bon courage Simone ! Tu le sais déjà, mais c’est pour la bonne cause ;-). Grosses bises

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  8. Oh ma chère Simone, merci pour ton post qui me va droit au cœur.
    Je planche justement en ce moment sur le projet TRACES pour sa pérennisation et pour que d’autres personnes puissent partager leur ressenti, exprimer à travers l’art ce que les mots ne peuvent parfois retranscrire toujours afin de sensibiliser, informer pour que les générations suivantes n’aient pas à vivre ce que l’on a vécu et que les parcours les plus douloureux puissent être apaisés.
    Je t’embrasse très fort et te quitte avec ma devise de vie chère à Louis Jouvet : «Mettre un peu d’art dans sa vie et un peu de vie dans son art. » ❤

    Aimé par 1 personne

  9. Quand le temps a commencé à se faire long, je me suis lancée dans la couture. J’adore les travaux manuels et les loisirs créatifs. Ça m’a fait vachement de bien et je me suis sentie valorisée là dedans. Je ne sais pas faire de bébé mais je couds comme personne!

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  10. Plein de courage, de soutien et de réconfort pour cette ménopause artificielle si difficile 💕 j’espère que tu en verras le bout le plus rapidement possible…en attendant tu as bien raison de profiter des choses qui t’apaisent.
    Moi, j’adore me laisser emporter par mes lectures 😊
    Des bisous 😘

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  11. Merci Simone pour cet article ! Je suis vraiment nulle concernant l’art et je ne sais rien faire de mes dix doigts non plus (j’ai essayé le tricot et mon « oeuvre » était tordue !).
    Pour l’expo TRACES, je me suis surpassée malgré mon manque de créativité et ai réussi à envoyer quelque chose à Artémise (le bilan comptable). Alors qui sait ? Peut être que tu réussiras à participer à la prochaine ? C’est un art pour moi d’écrire comme tu le fais, avec de belles phrases et puis tes articles sont engagés, font réfléchir. 😉
    Bon courage Simone pour ces journées si difficiles en te souhaitant que ces jours restants passent vite.
    Bisous.

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  12. Faut-il être spécialiste pour apprécier
    Les choses? Œnologue pour déguster un bon verre de vin? Chef étoilé pour se délecter de la finesse d’un plat? Je suis accro au émotions quelles qu’elles soient, et d’où qu’elles viennent, ce qui compte, pour moi, c’est de les vivre pleinement et de les ressentir…
    J’espère fort qu’aucun kyste ne sera venu mettre la pagaille… Et plein de courage pour cette phase de latence bien pesante…

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