Depuis la ponction de mardi, la PMA a pris d’autant plus de place que Simone est en arrêt maladie. Travailler moins pour psychoter plus, tel fut son slogan à cette fainéante.

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Je confirme mon expérience de la FIV1: l’arrêt post-ponction, c’est vraiment pas du chiqué. 3 jours après, j’ai encore l’impression d’avoir 2 marteaux piqueurs à la place des ovaires quand je marche.

Mon emploi du temps de dingue depuis la ponction

Mercredi, après l’appel du labo tant attendu, je suis allée me suis traînée à ma séance d’hypnose. Elle fut plus courte que la 1ère séance. Le thérapeute m’a interrogée sur mon état d’esprit. Je lui ai expliqué que c’était surtout la période post-transfert qui m’angoissait.

Je me suis installée sur le même fauteuil que la dernière fois. Très vite, je n’ai plus été en capacité de comprendre ce que le thérapeute disait. Pas grave, c’est à mon inconscient qu’il s’adressait. J’estime que l’hypnose proprement dite a duré 20 minutes environ. J’en suis sortie à la fois reposée et épuisée, comme après une sieste qui dure trop.

Pour rester dans le thème, j’ai fait une sieste de 3h30 l’après-midi.

Et puis canapé, avec les journaux et l’ordinateur.

Jeudi, même activité mais en plus j’ai lancé une machine à laver sans oublier l’adoucissant. Simone et sa vie de dingue.

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Simone en arrêt maladie post-ponction, pénarde sur son canapé

Le boulot

Au boulot, c’est un peu le feu en ce moment. J’ai pu quand même traiter mes mails cette semaine et je sais que vais payer cher mes 4 jours d’absence. D’ailleurs, mon chef m’a collé un entretien de reprise dès lundi 9h, histoire de me « remettre dans le bain » rapidos.

Mais je m’en tape. Pour la 1ère fois je m’en tape. Mon entretien annuel 2015 s’est très bien passé, les résultats sont là. J’ai tellement pris sur moi que mes coups de pompe dus à la PMA n’ont pas eu d’impact sur mon travail et mes équipes.

Alors quand je vois que mes homologues qui en font moins et qui ne sont pas emmerdés pour autant, je vais arrêter de me prendre la tête.

On verra bien lundi comment ça se passe. Mais de toute façon l’alternative est claire : soit je leur colle un congé mat’ dans l’année, soit je vais voir ailleurs.

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Lui aussi, il s’en tape

Mes questions existentielles sur l’utrogestan et le provames

Eux et moi avons rendez-vous 2 fois par jour. L’infirmière de la PMA m’a donné la consigne de rester allongée 1/2 d’heure après l’insertion (vaginale, l’insertion, cela va sans dire). Je n’ai pas du tout souvenir que l’on m’ait dit cela lors de la FIV1. Mais je le prends comme un truc qui peut aider, alors j’obéis et je m’applique.

Et je gamberge un peu.

Qui dit 2 insertions par jour, sachant qu’une journée dure 24 heures, il faut donc à peu près 12 heures entre chaque. Ben oui, si on veut optimiser les effets des médocs, on ne peut pas se contenter du coucher et du lever. (Si tu ne me fais pas confiance, n’hésite pas à refaire les calculs).

Donc, vers 8h30, je réalise la 1ère insertion suivie de 30 minutes de canapé. Puis à 20h30, la 2dne suivie de 30 minutes de canapé.

Avec la reprise du travail lundi, je vais devoir décaler un peu tout ça.

utrogestan
Sinon, l’utro c’est vraiment dégueulasse

J’ai pensé utiliser ma coupe menstruelle pour me prémunir de cette sensation crade de l’utro qui dégouline, mais finalement non car j’ai peur que ça le fasse couler plus vite. Donc, j’ai ressorti mes culottes de grand-mère en les équipant de protèges slips.

Le transfert

C’était donc aujourd’hui.

Nous avions rendez-vous à l’hôpital à 10h.

9h30 en fait, because étiquettes à quémander.

Ô joie, la dame des étiquettes est la même qui m’avait mal orientée il y a 2 semaines, lors de ma rencontre avec Ramsès. Ce coup-ci, elle ne m’a pas reconnue et c’est tant mieux. Nous étions assis tous les deux devant elle et avons du subir la totale du côté de la paperasse, c’est-à-dire, redonner tous les justificatifs divers et variés. Pas grave, j’ai toujours avec moi mon cartable dédié à la PMA avec mes dossiers de couleurs. Impossible de me coincer. Elle a réussi le tour de force de me demander si le transfert, c’était pour moi. Bonne idée, la prochaine fois, je demanderai à Simon de s’y coller. En parlant de lui, pas un seul moment, elle ne lui a  adressé un regard. Rapport à sa cape d’invisibilité d’Harry Potter j’imagine.

Ensuite, direction le service PMA.

Comme il est de rigueur pour un transfert, la vessie doit être pleine mais pas trop non plus. Problème : j’ai une mini-vessie. J’ai donc opté pour une bouteille d’eau à boire dans la salle d’attente. Comme il y avait du retard, la gestion de la vessie m’a pas mal occupée. Il  y avait un peu de monde qui attendait. Des couples, une femme seule. A un moment, une PB est entrée pour aller parler fort avec les filles du secrétariat. Je ne sais pas si cela a un lien mais la femme seule a éclaté en sanglots. Ambiance. N’en menant moi-même pas large, je n’ai pas eu le courage d’aller vers elle pour entamer la discussion.

A plusieurs reprise, le gynéco qui nous suit a traversé la salle d’attente, sans nous jeter un regard.

Une dame est venue chercher nos papiers d’identité. Toujours en s’adressant uniquement à moi.

Puis le biologiste nous a enfin appelés. Ce n’était pas la gentille biologiste que j’ai vue le jour de la ponction et qui m’avait annoncé 4 embryons le lendemain. Non, c’est le chef biologiste, celui de la FIV1, celui qui a toujours un regard goguenard du genre « je viens de me taper l’infirmière sur la photocopieuse ». Bref. Dès qu’il a ouvert la bouche ce fut la douche froide. Carnage dans l’éprouvette : seul un embryon est transférable et il est loin d’être topissime. J’ai réussi à lui demander s’il n’était pas préférable d’annuler carrément le transfert pour ne pas gâcher une tentative. Eh bien non, c’est la loi qu’il m’a répondu : dès lors qu’un embryon est transférable, on y obligé de le transférer. De toute façon, inutile de discuter avec ce biologiste qui faisait peu d’effort pour masquer son indifférence à notre égard.

Retour dans la salle d’attente. J’ai du faire un tour aux toilettes pour vider à demi ma vessie prête d’éclater. Bon courage pour doser la demie vessie, ce n’est pas une partie de plaisir. Ou alors, faut être pervers.

Une dame est venue nous chercher – enfin elle n’appelle que moi- pour le transfert à proprement dit. Nous sommes conduits dans une toute petite salle. A peine de quoi poser nos affaires. Je me désape du bas et m’allonge les pieds dans les étiers. La dame me met un drap sur les jambes et part. Trois autres dames arrivent en se présentant à peine. L’espace est étroit. Simon se fait à moitié houspiller car il gêne le passage.

Mussel
Une petite dernière pour la route

On m’enfourne le speculum. Je suis éblouie par le projecteur qui est braqué sur mon visage. Une des dames attrape la pipette qui passe par la petite fenêtre donnant sur le labo. La dame que j’ai identifiée comme étant un médecin (enfin j’espère) passe la pipette à travers le speculum. Le passage du col est douloureux mais supportable. Comme l’action se fait sans contrôle échographique, la pipette repasse au laboratoire pour vérifier que l’embryon n’y est plus. Il n’y est plus a dit la voix. Espérons qu’il soit bien dans l’utérus.

La doc me tend une ordonnance pour les prises de sang. Elle insiste lourdement sur l’importance de faire les 2 prises de sang même en cas d’échec. Je demande à partir de quand il est possible de reprendre le sport. La réponse est tout sauf claire : « quand vous vous en sentirez capable, vous faites comme d’habitude, mais tout doucement quand même ». J’en déduis que c’est un aller simple pour un séjour sur le canapé durant les 2 semaines qui viennent.

Les 3 dames repartent.

Je me rhabille, file aux toilettes et on s’en va en saluant les secrétaires qui nous répondent à peine.

Si je compte bien, nous aurons vu en tout 10 personnes différentes durant l’heure et demi passée à l’hôpital ce matin, aucune n’a eu un mot gentil ni même un sourire. Aucune n’a fait mine de croire en notre chance de réussite. Aucune ne s’est adressée à Simon. Je me serais pointée avec le voisin, c’était pareil. Certes, nous avons du tous les deux présenter nos pièces d’identité mais encore aurait-il fallu jeter un regard à Monsieur pour vérifier que le visage correspond.

Le transfert d’embryon est un moment important dans la vie d’un couple infertile, un moment émouvant, magique. Je me faisais une joie de cette matinée. Là c’était froid, technique, administratif. Je l’ai d’autant plus ressenti cette fois-ci qu’il n’y avait pas le côté découverte de la FIV1.

Je ressens à la fois de la déception, de la tristesse et de la colère. Je suis déçue d’avoir subi ce traitement si long pour aboutir à un seul embryon, je suis triste de voir le temps qui passe et je suis en colère de voir le si peu d’empathie à notre endroit.

Franchement, je n’y crois pas à cette FIV2. Le traitement m’a épuisée, je veux passer à autre chose pendant quelque temps. Même plus la force d’angoisser le TG. Cette FIV2 est derrière moi.

Arrivée à la maison, j’ai rangé mon cartable de PMA. Deux mois qu’il traînait dans l’entrée. Je ne veux plus le voir. Alors, j’ai lancé une machine à laver. Sans adoucissant.

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112 commentaires sur « Transfert : comment j’ai perdu espoir »

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