Aujourd’hui Simone avait un rendez-vous médical où elle a dû écarter les cuisses pour que la dame du labo puisse faire un prélèvement de son dedans. Presque 3 semaines que cela ne lui était pas arrivé d’écarter les cuisses devant un étranger. Alors après une période aussi longue d’abstinence, la machine à gamberge s’est remise en route sur cet acte qui reste pour elle gênant et humiliant.

Les prises de sang me font peu d’effet, avec le temps, je guette même les yeux grands ouverts le moment où le sang afflue dans le tube. Cet instant précis où un peu de moi-même sort de mon corps n’est pas anodin mais je m’y suis habituée, c’est une sorte de routine. Je suis habillée, détendue et discute volontiers avec l’infirmière.

Par contre, malgré ma longue carrière ratée de PMette, les examens où je dois écarter les cuisses sont toujours un moment que je redoute. Je ne m’y ferai jamais : j’ai horreur de glisser mes pieds dans les étriers, le speculum est froid et douloureux, la sonde avec la capote tartinée est tout sauf agréable, j’aime bof m’essuyer avec du sopalin. Bref, ces examens sont gênants et humiliants quelle que soit la personne qui les pratique.

C’est bien ballot de ne pas kiffer car une PMette a souvent l’occasion d’écarter les cuisses :
• Toucher vaginal « classique » dans le cadre du suivi gynéco lambda
• Prélèvement vaginal, examen du col
• Examen spécifique type hystérosalpingographie ou hystérosonographie atchoum
• Ecographie endo-vaginale (un jour j’aurai peut-être la chance d’accéder aux éco abdominales)
• Intervention chirurgicale : hystéroscopie, ponction…
• Insémination ou transfert

japon
Il n’y a qu’un chemin

Plusieurs jours avant l’examen, je commence à me mettre en condition en organisant ma journée, en réfléchissant comment je m’habillerai.

Pas de sous-vêtements affriolants, je ne veux pas passer pour ce que je ne suis pas… Les culottes coton de D*M font parfaitement l’affaire. Pas de robe ou de jupe non plus : je veux pouvoir garder mes chaussettes. Les chaussettes… ce qu’il me reste de ma dignité quand je suis dans les étiers. Attention au choix des chaussures aussi. J’ai des belles chaussures mais qui sont compliquées à mettre et à enlever. Donc des simples. Je renonce aussi au chemisier compliqué qui se froisse.

Juste avant de partir je prends une douche pour être la plus fraîche possible. Côté épilation, je n’arrive pas à me décider pour savoir s’il vaut mieux être nickel ou pas. Donc une fois sur deux je passe pour une s*l*pe et une fois sur deux pour une négligée.

C’est donc pas très bien sapée et avec une estime de soi au plus bas que je me pointe au rendez-vous. Après tout ça, étonnez-vous que je n’arrive pas à avoir un gosse…

Dans la salle d’attente, pour masquer mon stress, j’affecte de me plonger dans une lecture très éloignée de la PMA mais sur des formats courts qui ne nécessitent pas de trop s’impliquer : un journal fait souvent l’affaire.

A l’appel de mon nom, je me lève et entre dans la salle d’examen. J’aime lorsque l’on me laisse seule ou derrière un paravent pour me déshabiller, ce qui est heureusement souvent le cas.

J’ai toujours un peu de mal à m’installer correctement : caler les fesses suffisamment près du bord de la table, mettre mes pieds correctement dans les étiers.

Pendant l’examen, je suis souvent tendue et me dire « détendez-vous Madame » ne fait qu’accentuer mon stress. Il y a toujours un silence gênant qui s’installe.

Lors de mon hystéroscopie du début du mois, j’ai finalement opté pour l’anesthésie générale. Rassurée de ne pas être consciente pendant l’intervention mais en même temps inquiète d’être prise comme un cobaye pour des touchers vaginaux sans consentement. Jamais contente la Simone…

Au final, j’ignore si les soignants attachent ou pas de l’importance à la matière de mes sous-vêtements, à la précision de mon épilation ou à la couleur de mes chaussettes. Nous voient-ils comme des bêtes de sexe ou juste comme des corps à ausculter?

Simon me raconte que lors de ses spermogrammes, il perçoit toujours une gêne de la part des personnes qui l’accueillent. Celles-ci sont volontairement froides et utilisent un vocabulaire tout sauf excitant. Le « nettoyez vous la main – la verge » nous fait beaucoup rire… après coup.

J’essaie de me rassurer : à l’instar du boulanger pour qui toutes les baguettes se ressemblent, le gynéco nous voit certainement uniquement comme un corps à ausculter et pas comme une aspirante porno star.

Bref, j’avais un prélèvement ce matin. Je saurai la semaine prochain si l’infection est soignée et quand la FIV 2 pourra être programmée.

 

gynecoveto
Encore une histoire de chatte

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46 commentaires sur « A quoi pense une PMette quand elle doit écarter les cuisses ? »

  1. T’inquiète, effectivement, l’examen clinique quel qu’il soit (homme, femme, jeune, vieux, beau, moche) reste médical dans l’esprit médical et avec le nombre de corps à poil(s) qu’on voit, on ne regarde/cherche pas le détail! Mais c’est aussi normal d’être gênée/mal à l’aise…!

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  2. Je suis comme toi décidément écarter les cuisses je crois que je ne m’y habituerais jamais…
    Le choix des sous vêtements, chaussettes, épilation, c’est exactement ça, alors qu’ils n’en n’ont très certainement rien à faire mais bon. Et en été le dilemme est encore plus compliqué car les chaussettes ça ne marche plus et il faut trouver les chaussures assez aérées pour être sûre de ne pas puer des pieds 🙂
    Je te souhaite que tout soit rentré dans l’ordre pour que tu puisse programmer rapidement ta prochaine FIV.
    Bisous

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  3. Nous espérons toutes que l’examen se passe le plus rapidement possible et se rhabiller au plus vite !
    Par contre moi j’ai toujours enlevé mes chaussettes… faut que j’en parle ??!!
    J’espère que ton infection s’est bien fais la malle !
    Nooooon Michel ???!!!!!
    Belle journée !

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  4. Je crois qu’on est toutes un peu les mêmes. Une chose en revanche : j’aime au contraire les jupes (surtout longues) aux beaux jours, parce que ça permet de se recouvrir un peu quand on attend les jambes écartées et parce que quand on se relève on est tout de suite couverte. En hiver ça le fait moins selon les jupes que je mets…
    Quant à l’épilation c’est clair : je fais plus attention à l’état de mes jambes et de mon entre-jalbes pour les médecins que pour mon homme (quelle honte !)

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  5. J’avoue je m’habitue à ces examens un peu atypiques: pendant mon comptage de follicules avec la sonde où tu sais je fais même le secrétariat du doc en inscrivant sur une feuille toutes ses observations, un travail d’équipe qui me fait oublier la situation un peu gênante. Monsieur est mortifié par tout cela et ne m’accompagnera aux échos que quand ce sera des échos par l’abdomen … Bises PS: j’ai mon ticket de métro pré ponction depuis la semaine dernière je pense qu’ils vont même pas remarquer ah ah

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  6. Alors pour ma part, même si c’est pas tout à fait dans le même contexte. Je peux te dire que je ne fais pas trop attention à ces détails quand j’examine mes patientes. Quoiqu’il m’est déjà arrivé de penser que porter un string à 8 mois de grossesse c’est pas le plus confortable.
    Mais je sais que ça surprend toujours mon mari que je trouve pas ça bizarre de « voir les chattes de mes copines » quand c’est des personnes que je connais en dehors.

    Mais bon je comprends très bien ton ressenti car j’y pense quand je suis de « l’autre côté ».

    Gros bisous.

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  7. de tout mon parcours, j’ai vu une seule table avec des étriers, et je me suis trouvée conne a pas savoir comment me mettre dessus…
    je sais pas quand les médecins français vont se mettre a couvrir leurs patientes avant de faire des examens gynecos (putain, un bout de draps ou du papier protege banquette, c’est pas ça qui va augmenter le trou de la sécu bordel !), mais c’est clairement une chose que j’apprécie sur la prise en charge en Angleterre…

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  8. hello nouvelle sur le blog malgré un relatif long passé de pmette!
    je me suis retrouvée dans ce récit,(et dans le blog qui est divinement bien écrit !).dignité dans les chaussettes aussi + tunique longue l’hiver ou robe l’été pour couvrir un max de parties du corps!et depuis un certain temps, blocage physiologique, barrière de mon corps qui dit stop : impossible de laisser entrer le spéculum sans forcer : gynéco (très) agacé, moi gênée,mal à l’aise et endolorie, mon chéri pas content du tout de voir le gynéco (très) agacé et qui lui lance son regard de Bruce Lee quand il est pas content…donc, granules homéo + euphytose avant chaque examen pour détendre le tout, pas d echéri avec moi car plus envie qu’il me voit dans cette position…ni envie de prendre le risque que le cabinet de gynéco ne se transforme en film de kung fu! quoi que j’aurai bien quelques idées de scénarios !!!!
    bon courage Simone pour la suite, pleins de pensées d’encouragement et surtout une issue heureuse pour les mois à venir!
    véro

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    1. je suis désolée que cela soit si compliqué pour toi ces exam, zut alors! figure toi que j’ai rêvé cette nuit que je devais me mettre sur la table gynéco mais qu’il m’était impossible de desserrer les cuisses, s’en est suivie une belle engueulade avec l’infirmière (dans mon rêve). merci pour les encouragements!

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  9. En tant que medecin, je peux te dire qu’on ne sexualise absolument pas l’examen cliniques que des partiels génitales. La seule chose qui me gêne c’est le manque d’hygiène mais sinon je m’en fois royalement de l’épilation, le sous vêtement , la fesse flasque ou ferme…

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  10. Cette image…. J’adore!
    Ainsi que celle du chemin aux toris rouges où j’étais en septembre dernier 😊
    Personnellement je suis toujours en short jupe ou robe pour avoir quelque chose de bien long qui me permettre de cacher autant que possible.
    Pour l’épilation idem. La propreté c’est l’essentiel après le reste…

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  11. Halala la question de l’épilation ! J’y pense à chaque fois que j’écarte les cuisses devant mon médecin !! J’ai toujours l’impression que je vais passer pour une s*** quand j’y vais fraichement épilée.
    Bon en tout cas, je croise pour l’infection se soit barrée et que fiv2 soit programmée ! Bises

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  12. Alors pour l’épilation, le collègue de mon mari (médecin généraliste qui fait les suivit gynéco) est très clair : il s’en fout du moment que la patiente ne se pointe pas avec une épilation intégrale au rasoir fait 30 minutes avant l’examen … parce que va faire le moins mal possible avec la peau iritée …
    Si pour te sentir plus en confiance, tu aime être bien épilée, le mieux c’est de le faire quelques jours avant 😉

    Sinon, bon courage pour tout ces examens …

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  13. Héhé ! C’est toujours délicat quand on a les jambe écarté et un médecin au milieu !
    J’avoue que je m’y prépare toujours en soignant l’épilation. Par contre, comme toi, c’est culotte en coton et vêtements confortables. Mais je trouve qu’on finit pas s’y habituer… Je me concentre maintenant davantage sur le résultat de l’examen (alors, ils sont comment mes follicules / mon endomètre ? )
    Des bisous !

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  14. Tout un poème ces examens ! Je vois qu’on a toutes nos petites habitudes ;-). Alors moi j’enlève mes chaussettes, j’essaie d’être propre, jambes épilées et maillot aussi, et pas de string non plus ! Je trouve que je m’y suis habituée avec toutes ces années, tous ces dr et mes différents centres…
    Je te souhaite une très jolie fiv2 Simone ! Des bises

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  15. Je trouve tous ces examens gyneco intrusifs, stressants et pénibles et je panique quand ils sont pratiqués par des gens dont ce n’est pas la spécialité (le laborantin qui m’a fait mon dernier frottis par exemple). Mais je suis à une exception près toujours tombée sur des médecins charmants hyper compréhensifs sur la tension qui rend difficile l’examen. Et je ne me suis jamais sentie « sexualisée » sur la table. Ni jugée. Passer pour une allumeuse parce qu’épilée ? Mais qui pourrait bien se dire ça ?
    Quand j’appréhende je pense au jour où j’ai partagé la salle d’attente de ma gynéco avec une bonne sœur. Je me dis que pour elle ça devait être bien plus compliqué. Et penser que ces médecins voient des chattes toute la journée me fait beaucoup relativiser. 😏
    Et j’enlève mes chaussettes ! Parce que cul nul avec des chaussettes j’ai encore plus l’impression d’être dévêtue. 😉
    Va falloir que je le lise ton Winckler !
    J’ai hâte que tu nous dises que l’infection est éradiquée et que le processus est relancé ! 🍀

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  16. De mon côté j’ai toujours été étonnée de lire que la plupart des PMettes se prennent la tête sur l’épilation pour ce type de contrôle – je ne crois pas m’être un jour posé la question de savoir si j’étais bien épilée ou non avant une écho endo, et pourtant j’ai dû en faire une petite centaine… je n’y ai toujours vu que le côté strictement médical, rien de sexuel (et heureusement!). Je n’irai pas jusqu’à dire que j’apprécie les échos, en tout cas certainement pas pour l’acte en lui-même, mais je suis généralement impatiente quand je vais en faire une car j’aime voir l’évolution de l’endomètre et des follicules à l’échographie, et la plupart du temps c’est signe qu’il va y avoir bientôt un gros espoir de bébé.
    Par contre ce que je n’ai pas du tout apprécié, c’est quand j’ai dû faire une mammographie avant ma dernière FIV en date – le petit jeune qui me tripatouillait les seins avec ses mains caleuses et me les écrasait sur la machine, c’était vraiment désagréable et plutôt humiliant; et lui, je l’imaginais tout à fait passer ses soirées avec ses potes à faire le con en parlant des seins qu’il tripote toute la journée…

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  17. J’ai développé, à force, un côté franchement impudique… Pour moi ces séances sont complétement asexuées, mais comme toi Simone, j’ai aussi mes petits rituels : vêtements simples à ôter, idem pour les chaussures, une culotte neutre… Et les chaussettes, ha les chaussettes, j’aime bien les garder pour ne pas sentir le froid des étriers. Ok dans le principe, on a plutôt l’air con, cul nu avec des chaussettes. Mais franchement, dans ces situations, je m’en fiche complétement. Mais j’ai remarqué que les quelques fois où j’ai pu me sentir un peu gênée, c’était plutôt lié au praticien, un manque d’empathie, de douceur. J’espère que ton infection se sera fait la malle, tiens nous au courant ! bisous

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  18. J’avoue que moi ça va de mieux en mieux côté pattes écartées ! Même au début pendant les IAC ça me faisait bizarre que Chéri soit là, maintenant ça va tranquille.
    En revanche le coup de la capote sur la sonde, ça, je ne m’y ferai jamais (heureusement ça ne m’arrive pas souvent, car chez Doc des échos c’est un film plastique spécial ! ouf !). Parce que ça ramène au côté sexuel de la chose, j’imagine. Alors c’est non non non !!!

    Aimé par 1 personne

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