Sa parole est aussi rare que ses agissements sont néfastes. Dans le monde de la PMA, elle est connue autant que redoutée. Malgré un agenda très chargé en ces temps troublés, DNLP a fini par accepter les demandes d’interview.

Tel un FFI pénétrant dans une Préfecture en juin 1944 et avec pour seule arme son stylo et son carnet, Simone s’est aventurée dans l’antre de la créature. Les révélations qu’elle vous livre sont fracassantes. La plume est littéralement portée dans la plaie. Choquer pour faire réagir, heurter pour faire réfléchir, voilà l’objectif de la publication de cet entretien.

Alors, on peut se demander légitimement ce qui pousse DNLP à sortir aujourd’hui de l’ombre. Nouvelle stratégie de communication, continuité dans sa volonté implacable de nuire, témoignage d’une créature acculée ? Simone vous laisse juge.

DNLP
Et en plus elle pue de la gueule

Simone : DNLP bonjour, je vous remercie de m’avoir enfin accordé cet entretien dont le contenu intéressera très probablement les personnes infertiles.
DNLP mâchouillant un chewing-gum : Ah ouais, ça fait du monde ça ?

Simone : selon les statistiques, 1 couple sur 6
DNLP sourit en laissant apparaître un morceau de malabar : pas mal, faut dire que je ne chôme pas ces derniers temps

Simone : avez-vous conscience d’être un personnage honni, particulièrement au sein de la blogosphère ?
DNLP : merci du compliment, je suis très flattée, tant de reconnaissance fait plaisir.

Simone : vous n’avez pas de regrets ?
DNLP : si, le D, le N et le P

Simone : pouvez-vous m’en dire plus ? Mes lecteurs ont le droit de savoir.
DNLP étirant son chewing-gum entre son pouce et son index puis se le remettant contre la joue : ben Dame, ça fait un peu trop classe et féminin, Nature, ben j’aime pas la nature, c’est vert, c’est pur et puis Pute, je sais qu’il y a des femmes très bien qui sont obligées de pratiquer cette activité pour survivre. Voyez-vous, ça me gêne d’avoir un nom connoté positivement et associé à des femmes qui luttent pour rester debout.

Simone : Quelle est votre actualité?

DNLP : Je dois constater qu’elle est relativement mitigée. J’ai eu à subir mon lot de mauvaises nouvelles dernièrement, j’espère que vos lecteurs compatiront.

Simone : Je n’en doute point. Pouvez-vous développer?

DNLP  mastique bruyamment son chewing-gum : Coup sur coup, j’ai du affronter le décret visant à faciliter le don de gamètes et la première greffe d’utérus. Pire, il semblerait que parlementaires et gouvernement aient trouvé un accord pour aider les couples en traitement en leur accordant la possibilité de bénéficier d’autorisations d’absence pour se rendre aux examens. Mais, je sais profiter aussi des bonnes nouvelles et, comme souvent, elles viennent d’outre-Atlantique. Le non-remboursement des FIV voté au Québec est un cadeau du ciel. Le fait de savoir que les avancées de la science profiteront à une minorité aisée m’apporte beaucoup de réconfort. Et puis finalement, je me dis que cela renforcera le désespoir de la majorité qui n’y aura pas accès. La perspective de voir des gens s’endetter pour rater une FIV m’emplit d’une joie que je peine à dissimuler. Donc j’y gagne.

Simone : vous êtes vraiment impitoyable.

DNLP rougit de plaisir : merci. Mais je reste sur mes gardes. Ces couillons de Français archaïques, accrochés comme des moules à leur sécurité sociale et leurs valeurs du passé feront tout pour que la PMA soit accessible à tous. Mais bon, je me dis que le contexte contraint des finances publiques m’aide. Tant que les médecines douces qui permettent de mieux supporter les traitements ne seront pas remboursées, je gagne du temps.

gerbe
tiens, c’est pour une gerbe

Simone : Quels sont vos moteurs dans la vie DNLP, qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
DNLP forme une bulle qui éclate bruyamment : depuis toujours ma devise c’est : nuire, culpabiliser, diviser. Nuire à un maximum de gens – 1 couple sur 6, c’est un beau score – en touchant à leur besoin viscéral d’aimer, de transmettre des valeurs et de croire en l’avenir. Culpabiliser en leur faisant croire qu’ils y sont pour quelque chose, qu’ils auraient dû faire ceci plutôt que cela. Je rattache aussi à la culpabilité, la jalousie qu’ils peuvent ressentir en voyant leur entourage procréer avec facilité. Ce sont souvent des gens bien, donc ils culpabilisent d’être jaloux. Et diviser : c’est l’aboutissement des deux premiers. Cela concerne autant la division au sein des couples, quand la rancœur s’installe, que l’incompréhension au sein des familles et de la société. Les préjugés solidement installés sont du miel pour moi. Tant que les masses croiront que c’est dans la tête, les personnes infertiles verront leur isolement renforcé.

Simone : quels sont les principaux freins que vous rencontrez dans la mise en œuvre de votre devise ?
DNLP fait une petite boule dure entre ses doigts avec son chewing-gum : mes principaux ennemis sont l’information, la solidarité et le progrès. Je m’explique. Sans information, les personnes infertiles sont littéralement à ma merci. Persuadée qu’elles sont frappées par le destin, elles ne cherchent pas à s’en sortir et se croient seules au monde. Dès lors que les gens s’informent et se regroupent pour s’entraider, je suis attaquée. En effet, si les gens échangent des informations, des encouragements, des témoignages, je suis fichue. Le coup du destin et de la scoumoune ne fonctionnent plus. Quant au progrès, il est dévastateur. Au fur et à mesure de l’accroissement des connaissances et de l’investissement dans la recherche et les traitements, je dépéris. C’est terrible, voyez-vous. J’ai besoin que les gens restent enfermés dans des déterminismes qu’ils soient sociaux, financiers, médicaux ou territoriaux.

Simone : Ah voui, ça doit être terrible. Avez-vous des soutiens pour faire face à cette adversité ?
DNLP colle son chewing-gum sous la table : Disons que j’ai des personnes qui m’aident- sans forcément en être conscientes – mais ce sont surtout le contexte et les circonstances qui me sont favorables.
La pollution qu’elle soit liée aux particules ou aux perturbateurs endocriniens est une bénédiction pour moi. Si je voulais être drôle, je dirais même que ça tue le métier ! lolilol J’ai bon espoir que la COP 21 échoue et que les intérêts financiers de court terme priment sur les intérêts à long terme de la planète et du genre humain.
Ma chance c’est aussi tous les freins à l’accès des soins PMA. Le jour où les pouvoirs publics investiront plus sur la recherche, où les soins PMA seront mieux pris en charge -la possibilité d’avoir une autorisation d’absence pour se rendre aux rendez-vous médicaux serait une catastrophe pour moi- et les centres provinciaux mieux dotés, je suis foutue. Je tremble à la perspective que les traitements soient plus simple à prendre, par exemple une pilule à avaler au lieu d’une piqûre.
L’infertilité doit rester une fatalité et doit briser durablement les personnes concernées tant sur le plan physique que moral .

Simone : décidément vous êtes immonde, abjecte, sans cœur…

DNLP reprend son chewing-gum et l’enfourne à nouveau dans sa bouche fétide : Point trop de compliments, ça m’excite !

Rébus

Simone : que pensez-vous de l’entraide qui grandit entre les personnes infertiles que ce soit sur les blogs ou grâce à l’association BAMP?

DNLP crache brutalement son chewing-gum, se lève, serre les poings et vocifère : mes pires cauchemars! Voir des gens désespérés, enfin au bout du rouleau reprendre du poil de la bête parce qu’une abrutie leur conseille de faire le win test ou de prendre un 2ème avis médical, ça me démonte! Lire des billets humoristiques à la con pour mieux supporter l’attente, ça m’insupporte! Ah et tout ces défis dégoulinants de gentillesse sur la blogo, toute cette créativité me débecquent : vas-y que je partage des photos de vacances, des recettes de cuisines, des pensées positives… tant de cucuteries me déchirent de l’intérieur… Dès qu’une connasse finit par vêler, c’est toute une tripotée qui reprend espoir. Quand une autre a enfin un taux positif, c’est partie pour les croisages du reste du troupeau et les messages de soutien en tous genres.

DNLP est en sueur, éructe, ses paroles sont plus hachées Constater que la mobilisation paie et que cette bande de fainéants pourraient se rendre aux examens plus facilement grâce à des autorisations d’absence, ça m’horripile. Je ne supporte pas, j’ai envie de leur balancer leur puregon pen dans la tronche! Toute cette chaîne d’entraide pour partager, informer, témoigner et agir me tue à petit feu…

Elle se rassoit et s’affale sur son siège ‘ Manquerait plus que les gynéco fassent preuve d’empathie, tiens.

Sa tête bascule, ses yeux sont exorbités, sa langue pend, sa bave coule doucement sur le sol. Simone ramasse ses affaires, se lève et s’enfuit sur la pointe des pieds. C’est encore tremblante qu’elle sort au grand air.

voies
Le train finit toujours par passer que ce soit celui de la parentalité ou de l’accomplissement personnel
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41 commentaires sur « Exclusif : entretien avec DNLP »

  1. Haha tu as une imagination sans limites ! Et probablement l’esprit assez tordu pour imaginer ce qui se trouve dans celui de DNLP.
    En tout cas merci pour ce moment bien divertissant, je crois en effet que tu as bien traduit ce qu’elle pense, cette garce.

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