Après le 1 et le 2, Simone vous livre un 3ème épisode de Le Gorafi en PMA.

Précautions d’usage : toute ressemblance avec … etc, qui aime bien châtie bien…pierre qui roule n’amasse pas mousse…toussa toussa…

***

Selon la Scientist Review of Gynecologycal Exams, c’est une découverte extraordinaire qui s’est produite le mois dernier dans le service PMA de Tataouïne. Une découverte propre à faire avancer la science d’un pas de géant et qui ouvre des perspectives infinies sur la prise en charge des patientes. En la matière, les superlatifs ne sont pas superflux superflus. Récit.

waou!
waou

Il en va de la pénicilline comme de la tarte Tatin : les grandes inventions sont souvent le produit du hasard et du génie. Le gynécologue Tataouïnais Octave ERGEBELLE, spécialiste de PMA, est assurément de cette trempe. C’est après une trentaine d’années d’exercice que l’Auguste Praticien a abouti à une conclusion propre à chambouler les connaissances solidement établies au fil des siècles.

Un mercredi, il est 17h, son dernier rendez-vous arrive, une patiente lambda : Simone ATTEND. Notre Immense Sommité est fatiguée car vient d’enchaîner plusieurs gardes à l’hôpital. En se levant vers la salle d’attente, il jette un coup d’œil sur le dossier que lui a préparé la secrétaire. Simone ATTEND. Simone. C’est le prénom de sa grand-mère. Mamie Simone, mamie gâteaux, chez qui il a passé toutes ses vacances étant enfant. De beaux souvenirs. Notre Gloire Médicale se laisse aller à un sourire en mémoire du formidable gâteau au yaourt à la fleur d’oranger que Mamie Simone confectionnait spécialement pour lui.

La patiente est seule dans la salle d’attente, au bruit des pas dans les couloirs, elle lève le nez de son livre. Stupéfaite, elle découvre que le Sublime Ponte lui sourit. Pétrifiée, elle l’entend prononcer les mots suivants : « Bonjour Simone, comment allez-vous aujourd’hui ?». Abasourdie, elle le suit jusque dans la salle de consultation tout en défaisant machinalement son pantalon. Désorientée, elle ne sait même plus pourquoi elle est là. Étourdie par ce sourire et ces mots gentils, elle se détend complètement malgré les étriers.

Simone par ci, Simone par là. Notre Illustre Mandarin ne se lasse pas de répéter ce prénom au goût de madeleine de Proust. « Tout va bien se passer Simone », « Ne vous inquiétez pas Simone, je sens que ça va marcher cette fois-ci », « Si cela vous rassure, Simone, je vous laisse une ordonnance pour une prise de sang supplémentaire », etc, etc, etc.

Simone est confiante et détendue, elle n’a pas eu mal aujourd’hui, elle s’est même risquée à poser des questions pour être sûre de bien comprendre. Notre Fleuron-Fait-Homme lui a répondu avec plaisir, avec intérêt, avec…avec…avec EMPATHIE!!!

Plus tard, en retournant vers son chez-lui, il lui vient à l’esprit que cet échange très nouveau lui a permis d’en savoir plus sur la vie et les problèmes de fertilité de Simone. De quoi lui donner des idées de changement de protocole, d’examens complémentaires…

Fort de sa découverte, notre Gloire risque 2 hypothèses :
1/ ses patientes ne seraient pas que des utérus et des seins sur pattes;
2/ parler avec elles lui permettrait d’ajuster son diagnostic et ses traitements.

Grisé par cette découverte, notre Éminence continue de soulever des idées toujours plus novatrices. Il lui est ainsi apparu que les chemises d’hôpital ouvertes dans le dos découvrant les fesses au moindre mouvement nuiraient inutilement à la dignité et à la pudeur des patients. Des études complémentaires seront d’ailleurs prochainement lancées dès que les fonds afférents seront débloqués par le ministère compétent.

Toujours plus loin, toujours plus fort : depuis quelques semaines, une rumeur persistante dans le monde de la recherche internationale laisserait entendre que, peut-être, la position d’auscultation gynécologique avec les étriers ne mettrait pas la patiente en situation favorable. Leur demander de se mettre sur le côté faciliterait l’insertion du spéculum car elles seraient certainement plus détendues dans cette position, moins crispées.

Nous vivons dans un siècle où les idées les plus folles succèdent aux découvertes extraordinaires. D’aucuns pourraient estimer que ce monde va décidément trop vite.

***

Mamie Simone aurait bien aimé que le progrès se dépêche un peu
Mamie Simone aurait bien aimé que le progrès se dépêche un peu plus

Dans ma carrière de femme et de PMette j’ai rencontré des bons gynécologues et des moins bons. Le spécimen décrit ici est inventé et emprunte des traits à des soignants que j’ai croisés ici ou là. Je suis très reconnaissante aux gynécologues d’avoir embrassé cette belle profession. Si, comme partout, il y a des brebis galeuses, il existe aussi des praticiens formidables avec qui le courant passe très bien. Dans leur grande majorité, les gynécologues font correctement leur travail mais leur rapport aux patientes laisse souvent à désirer.

L’empathie est considérée comme un supplément d’âme ou alors la marque d’un surinvestissement ou plutôt d’un investissement professionnel mal placé. C’est pourtant tout le contraire. Être empathique, c’est respecter l’autre, le considérer comme digne d’intérêt, comme un « alter ego » au sens propre du terme.

Pour finir, des « petites » décisions aux conséquences heureuses pourraient aussi être prises comme la suppression des fameuses chemises ouvertes dans le dos. Une pétition avait même été transmise à Marisol TOURAINE sur le sujet en 2012. J’ignore si elle a donné une réponse. Visiblement, elle a du courrier en retard…

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32 commentaires sur « Le Gorafi en PMA #3 « Sciences : un gynécologue découvre le concept d’empathie » »

  1. Merci Simone, en espérant que ton article tombera entre des mains empathiques en devenir.
    Dans mon centre, les jeunes gynécos font les échos endo avec leur patiente sur le dos genoux repliés mais sans les étriers et genoux collés d’où pudeur tellement mieux respectée.

    Aimé par 1 personne

  2. Super article !!
    Je suis en train de lire « Le Choeur des Femmes » de Martin Winckler
    « J’ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas – et je ne veux pas – perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur cœur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu’elles pourraient m’apprendre. »
    Je ne suis qu’au début mais cela parle déjà de l’écoute et de l’empathie à accorder aux patientes qui éviteraient même certains traitements !
    Et OUI marre de montrer nos fesses !!! OUI à la suppression des chemises d’hôpital ouvertes dans le dos !!!!!!
    « Marisol n’hésite surtout pas à demander de l’aide pour l’ouverture et la lecture de ton courrier, je peux même te faire des résumés, classés dans un parapheur urgent, à traiter, en attente… bref n’hésite surtout pas à déléguer !! »
    Belle journée Simone 😉

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  3. Aaaaah les médecins l’empathie tout ça tout ça… nous on est devenu ultra exigeants. Et déçus aussi de voir que les jeunes ne sortent pas plus empathiques que les vieux, pas plus ouverts, qu’ils ne se posent pas forcément plus de questions sur le bien-fondé d’un traitement… c’est vraiment une affaire d’individus. Ils sont sensés être intelligents pourtant…

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  4. J’adore !! Je me disais aussi autant d’empathie de la part d’un médecin en une seule consultation ce n’est pas possible 🙂
    Et perso, chez Dr Robbie pas d’étrier non plus pour les échos. J’ai cru naïvement que c’était comme ça partout jusqu’à ce que j’aille dans mon centre PMA…

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      1. Non, je n’ai jamais pensé à lui demander… Comme je disais au départ je pensais que c’était partout comme ça, puis je me suis dit que c’était surement parce qu’il fait autant les suivis de grossesses que de PMA avec le même monito donc que c’était plus pratique pour lui comme ça ( et pour moi aussi du coup !)

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  5. J’ai jusque là était très bien lotie dans l’intégralité de mon parcours médical. J’ai toujours bénéficié d’une grande bienveillance quelles que soient les interventions et les hospitalisations. Sauf une fois, une gynécologue qui s’est révélée être un bourreau. Ca m’a traumatisée… J’ai appris qu’elle avait fini par être virée du centre dans lequel elle travaillait. Aujourd’hui, même 12 ans plus tard, je ne m’installe pas sur une table d’auscultation sans appréhension…
    Merci Le Gorafi by Simone de rappeler des évidences 😘

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  6. L’empathie gratuite, jamais vue, perso !!! Heureusement qu’il y a aussi les infirmières, dans notre parcours. Parce que les médecins, faut pas trop leur en demander ! Bon, en pleurant un peu, on peut arriver à tirer une parole gentille. -_-

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  7. Mais quelle avancée pour la science cette découverte, je suis vraiment émue de cette avancée majeure qui va nous changer la vie ! Parce qu’effectivement, on a souvent l’impression d’être considéré comme des utérus sur pattes.
    En tous cas, bravo, j’ai bien rigolé en te lisant !

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  8. T’es bizarre. Comprends pas que t’aime pas montrer tes fesses à tout le monde ni écarter les cuisses bien grand aidée par des étriers. T’es sur que t’es une femme? Manquerais plus que tu réfléchisse toute seule tiens!

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  9. J’ai découvert il y’a peu les ouvrages de M. Winckler. Ils devraient être obligatoires pour tous les futurs médecins. Une fois je me suis retrouvée face à un gynécologue qui m’a demandé de me déshabiller et de tourner sur moi même pour m’asséner un « vous avez grossi depuis la dernière fois ».
    Depuis je choisis avec soin mes médecins

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